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Gameplay : terme anglais sans équivalent qui désigne l'essence d'un jeu: la prise en main, la jouabilité, le level design, etc.

Farming : anglicisme que l'on peut traduire par « moissonnage » ou « ratissage ». Dans un RPG, c'est l'action de ratisser une région afin d'obtenir des objets, des artefacts, et de l'expérience. C'est un moyen sans risque de rendre un personnage plus fort.

FPS : ou First Person Shooter. Jeu de tir où le point de vue du joueur adopte celui du personnage incarné.

Levelling: entraînement à seule fin de faire progresser un personnage dans les RPG.

MMO: de l'anglais Massively Multiplayer Online Game. Jeu en ligne massivement multijoueur est un genre vidéoludique faisant participer un très nombre de joueurs simultanément par le biais du réseau internet.

Mod: abrégé de « modification », désigne la modification d'un jeu pour en créer un nouveau. Un mod est en général gratuit et réalisé par des fans.

RPG: genre de jeu où l'on incarne un ou plusieurs personnage(s) dont les caractéristiques évoluent durant l'aventure.

RTS: pour Real Time Strategy. C'est un type de jeu de stratégie en temps réel, par opposition au jeu de stratégie au tour par tour. La perspective utilisée est souvent une vue surplombante.

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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 10:33
Dans le « deuxième monde », on ne joue plus

Analyse
Une lumière sourde et blanche. Il y a encore une seconde, les personnages conversaient, vagabondaient ou vaquaient simplement à leurs occupations. Par le souffle soudain de l’explosion, ils viennent d'être « vaporisés ».

S'agit-il, dans ce bas monde, d'un énième acte de barbarie ? Chronique de la violence ordinaire dont le spectateur n'est qu'un témoin coupable ? La déflagration n'a pas eu lieu dans le monde réel ; elle s'est produite dans le monde virtuel de Second life, devenu, par sa turpitude, le tableau éminemment représentatif de notre société.

Sur les terres d'un univers de moins en moins utopique, de plus en plus humain, trop humain, ces attentats se sont multipliés. Au point de commencer à déstabiliser les développeurs de Linden Labs. Les actes sont même revendiqués par un groupuscule auto-proclamé « Armée de libération de Second life » (ALSL). Premiers ludo-terroristes recensés, à quoi aspirent-ils vraiment ? D’anarchistes vidéoludiques, rétifs à toute forme d’autorité ? Pendants virtuels des activistes d'extrême gauche, telles, par exemple, les brigades rouges italiennes ? Sont-ils contre ou prônent-ils un autre système ?

De prime abord, le mouvement dispose d’une idéologie qu’il entend mettre en praxis. « Parce que Linden Labs fonctionne comme un gouvernement autoritaire, la seule réponse est la lutte », proclame l'ALSL sur son site. Il y a quelques temps encore, « la lutte » se résumait à tirer sur des avatars avec des pistolets, qui poussent violemment les victimes. Puis certaines boutiques, tel le magasin d'un célèbre équipementier, ont été détruites par des explosions. Le mouvement a gagné en violence ces derniers mois, et revendique « plus de 80 % » de sympathisants parmi les avatars de Second life.

Mais les thèses du groupe sont moins progressistes qu'elle n'y paraissent. L'ALSL veut intimer à Linden Labs d'entrer en bourse, pour que les dividendes soient reversés aux habitants de l'univers virtuel. Un partage des richesses, et non une abolition de la marchandisation du jeu. Ni « refuseniks » ni néo-luddites, l’ALSL grossit les rangs des réformistes, et non des révolutionnaires.

Volontiers dépeint par les médias comme un alter-monde idéal, littéralement u-topique, Second life est en réalité un monde en pleine globalisation, dont le processus est en marche depuis 2003. Sera-ce parce qu'entrepreneurs et autres publicistes ont souillé le sol de cet Eden vidéoludique ? Le jeu en ligne, à la différence du jeu en solo tend, par essence, vers une complexification des enjeux.

Des premiers pionniers aux quatre millions de touristes virtuels et de résidents, l'immigration, par définition non choisie, a transformé cette proto-société en macrocosme politico-économique. C'est ce corps social, nouvellement constitué, qui produit de nouveaux besoins, et des manques artificiels dont se plaignait déjà Rousseau. Le deuxième monde n’est ni bon ni mauvais, il est seulement entrain de croître.
Par Laurent Checola - Publié dans : Modes
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